Zoom sur FA Montage

Création d'une Scop de montage de grues

FA Montage (4)Spécialisée dans l'installation et le montage d'équipements de levage tels que des grues à tour et des grues automatisées, la Scop-SARL FA Montage a été créée en septembre 2018 par deux jeunes professionnels mais néanmoins expérimentés. Sillonnant tout l’Ouest de la France, de Dieppe à Bayonne, les deux salariés-associés, David Ferreira et Julien Arnault, interviennent sur tous types de chantiers.

L’activité d’aujourd’hui à demain

Enfants, nous avons souvent levé la tête sur ces structures métalliques. Parfois nous avons même joué avec des modèles réduits. Et si nous nous sommes peut-être posés la question, nous n’avons pas toujours eu la réponse : comment construit-on une grue ?

FA Montage nous apporte la réponse : il faut des personnes comme David Ferreira et Julien Arnault qui sont missionnés par des entreprises de gros œuvre/travaux publics disposant de leurs propres grues ou bien des loueurs de grues qui font appel à eux pour les monter directement sur le chantier.

Mais à quel moment interviennent-ils ? Un client commande un chantier qui est réalisé par une entreprise du BTP (Bâtiment et Travaux Publics). Cette entreprise va utiliser ses propres grues ou bien faire appel à un loueur de grues si elle n’en dispose pas. Ce dernier va se charger de transporter sur le lieu du chantier la grue qui doit être installée. C’est là qu’intervient le savoir-faire des experts de FA Montage qui vont s’occuper de la prestation de montage sur site de la grue (fixation des lests, assemblage, etc.), souvent épaulés par un monteur et des engins (camion-grue par exemple) mis à disposition par le loueur ou l’entreprise qui réalise le chantier. Tout le monde ne peut pas prétendre à monter une grue. Si de bonnes conditions de montage incombent à l’entreprise qui réalise le chantier (autorisations administratives, mise à disposition de locaux, etc.), la réglementation en termes de sécurité notamment s’applique évidemment aussi aux prestataires comme FA Montage. Le métier de monteur de grue est peu répandu et la concurrence est de moins en moins importante alors que l’activité ne cesse de croître. « Nous avons quasiment doublé notre chiffre d’affaires prévisionnel pour octobre et notre carnet de commandes jusqu’à fin janvier est presque déjà complet » se félicite David Ferreira, le gérant de la Scop.

Déjà peu nombreux dans cette activité, les chefs d’entreprises partent à la retraite dès qu’ils le peuvent et le nombre de jeunes attirés par le métier ne permet pas de répondre à toute la demande. Deux raisons sont évoquées par les salariés-associés. La première est celle des contraintes imposées par les métiers : amplitude importante des horaires de travail, déplacements fréquents et lointains, salaires parfois peu attractifs. L’autre explication donnée à la pénurie de main d’œuvre, c’est la mauvaise image dont peuvent souffrir les métiers du BTP. Alors forcément, un des enjeux pour FA Montage à long terme est de parvenir à recruter :« Nous sommes deux, le minimum pour une SCOP. Si l’un de nous ne peut plus exercer, la SCOP ferme. Il est donc important de penser à cela » affirme Julien Arnault. L’autre enjeu important selon eux est de diversifier l’activité pour optimiser leurs compétences en proposant des prestations de service complémentaires sur les chantiers. Outre la facturation de leurs prestations de montage, les deux associés souhaitent en effet proposer à moyen terme un service de location et d’installation d’armoires électriques de chantier.

FA Montage (2)D’une rencontre à la SCOP

Les deux trentenaires ont déjà une longue expérience du métier. Ces deux néo-entrepreneurs évoluant dans le secteur d’activité depuis une quinzaine d’années, ils se sont croisés à plusieurs reprises dans leurs carrières jusqu’à travailler pendant deux ans dans la même entreprise. Mais pour l’anecdote, c’est d’abord très jeune qu’ils se sont connus… « sur un terrain de foot » raconte Julien Arnault. Alors collègues, David Ferreira et Julien Arnault sont rapidement amenés à travailler en binôme et deviennent autonomes. « Nous avions des chantiers jusqu’en Guyane ! Quand le patron s’y rendait, nous devions assurer ici par nous-mêmes ». Alors quand le dirigeant parle d’arrêter son activité, les deux salariés anticipent et décident de créer leur propre activité ensemble. Après plusieurs années passées chez Mateloc Scop basée à Cholet (49), le choix de la Scop est naturel pour David Ferreira (à droite sur la photo). Les deux futurs associés affirment en effet que « créer une Scop présente plusieurs avantages. ». Outre leur attrait pour le fonctionnement d’une telle société, ce sont aussi les avantages fiscaux et la répartition du résultat propres au statut qui les ont convaincus. « On va essayer de mettre au moins l’équivalent de 5 à 6 mois de salaires en réserves pour pouvoir plus facilement palier aux fluctuations potentielles de la demandes ». Au quotidien, c’est valorisant d’être son propre patron : « Nous travaillons pour nous et notre travail est rémunéré directement. Si on travaille plus, on gagne plus ». Les deux associés peuvent désormais choisir leur planning et leurs chantiers ce qui permet par exemple de ne pas travailler exclusivement sur un même type de grue.

L'accompagnement à la création de la SCOP

Pour la création de la Scop, les coopérateurs ont été accompagnés par l’Union Régionale des Scop Poitou-Charentes et ils ont pu bénéficier des outils financiers du Mouvement Scop pour cofinancer le démarrage de leur activité. Ils ont aussi reçu le soutien de France Active pour la garantie du prêt bancaire et l’octroi de prêts personnels à taux zéro, ainsi qu’une subvention de la région Nouvelle-Aquitaine. Leurs statuts de demandeurs d’emploi a également permis le versement de l’ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d’Entreprise) auprès de Pôle Emploi.